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Le Cameroun ferme une radio pour diffusion d'une interview
avec des s�cessionnistes
Le 14 Mai, 2013

Foundation Radio (Fomunyoh Foundation)
New York, le 13 mai 2013 — Le Comit� pour la protection des journalistes
(CPJ) condamne la fermeture d'une station de radio ind�pendante au Cameroun le
22 avril dernier pour la diffusion d'une interview consid�r�e par les autorit�s
locales comme une incitation � la s�cession.
Les autorit�s de la ville de Bamenda, situ�e au nord-ouest du Cameroun, ont
ind�finiment ferm� les studios de la station priv�e Foundation Radio, selon
des journalistes et des m�dias locaux. Selon un arr�t�, sign� par F�lix Nguele
Nguele, pr�fet du D�partement de la Mezam, et �manant du minist�re camerounais
de la Communication, les autorit�s ont accus� la station de diffusions r�p�t�es
d'�missions � incitant � la s�cession �.
Selon des m�dias, la station a �t� ferm�e en guise de repr�sailles � une seule
�mission : l'�dition du 25 mars du programme matinal intitul� � Good Morning
Bamenda Show �, au cours de laquelle l'animateur, Tikum Mbah Azonga, a interview� deux invit�s qui se sont
dits �tre membres du Conseil national du sud du Cameroun (SCNC), un groupe
interdit par le gouvernement camerounais qui milite pour la s�cession des
r�gions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest.
M. Azonga, qui est aussi le directeur de la station, a d�clar� au CPJ par
courriel que Foundation Radio n'a en aucune mani�re soutenu la s�cession, ni le
SCNC. Il a d�clar� au CPJ qu'il est all� � la police � trois reprises pour des
interrogatoires et qu'il a �t� invit� � soumettre une copie de l'enregistrement
de l'�mission. � Ils se demandaient comment moi, en tant que journaliste qu'ils
savaient tr�s responsable, j'ai pu permettre au SCNC de s'exprimer sur les ondes
de la station �, a-t-il dit. Winifred Weregwe, administrateur de la Fondation
Fomunyoh, qui g�re la station, a d�clar� au CPJ que la police a �galement
indiqu� qu'elle allait envoyer l'enregistrement au minist�re camerounais de la
Communication.
Un d�cret pr�sidentiel de janvier 2012 a accord� au Conseil national de la Communication (CNC) de vastes
pouvoirs de r�gulation lui permettant de suspendre des organes de presse. Mais
depuis 2003, le minist�re de la Communication a �galement ordonn� la fermeture
d'au moins 10 stations de radio et de t�l�vision ind�pendantes. Les autorit�s
ont justifi� ces fermetures en invoquant tant�t de vagues atteintes � l'�thique
et la d�ontologie professionnelle, tant�t des violations de la r�glementation sur les entreprises
audiovisuelles, tant�t le non-paiement
des frais de licence d'exploitation, mais les fermetures sont survenues � la
suite de reportages ou d' �missions que le gouvernement a jug� critiques � son
�gard, selon des recherches du CPJ.
� La fermeture par le gouvernement camerounais de Foundation Radio � la suite de
la diffusion d'une interview illustre bien jusqu'o� ira l'�tat pour supprimer la
diffusion de toute information sur les revendications s�cessionnistes dans la
partie nord-ouest du pays �, a d�clar� Mohamed Keita, coordonnateur du Plaidoyer
pour l'Afrique du CPJ. � Nous demandons aux autorit�s camerounaises de permettre
� Foundation Radio de reprendre des �missions imm�diatement �, a-t-il ajout�.
Foundation Radio est dirig�e par la Fondation Fomunyoh bas�e aux
�tats-Unis d'Am�rique. Son fondateur, Christopher Fomunyoh, a mis en
�vidence au cours des ann�es les lacunes du syst�me politique sous la pr�sidence
de Paul Biya, en tant que directeur r�gional pour l'Afrique centrale et
occidentale de l'Institut d�mocratique national (NDI), selon des recherches du
CPJ.
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