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Le Dr Christopher Fomunyoh, exprime son grand désarroi
face aux événements en cours dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du
Cameroun
December 5, 2016
Le Dr Christopher Fomunyoh, exprime son grand désarroi face aux
événements en cours dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun
Au cours de ces dernières semaines, j'observe avec désarroi et tristesse
les événements dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun, et
notamment, les manifestations des avocats de droit commun à Bamenda au mois
d'octobre et le 8 novembre ; les manifestations des avocats de droit commun
à Buea le 10 Novembre ; et la grève des enseignants depuis le 22
novembre, qui affecte les établissements scolaires du primaire, du
secondaire et du supérieur dans ces deux régions du pays. Ces
événements perturbent l'accès à l'état de droit et au
système éducatif, qui sont deux piliers essentiels de notre cohésion
nationale et des droits de l'homme. Ils s'ajoutent à des doléances
exprimées antérieurement et au sentiment de désaffection ressenti
par une partie importante de notre population face au traitement avec lequel le
gouvernement Biya gère les questions de gouvernance dans ces secteurs
fondamentaux.
Ces événements malheureux viennent aussi démontrer à l'ensemble
des Camerounais, comme à la communauté internationale, l'incapacité
des autorités à entendre la voix de leurs concitoyens. Les autorités
n'ont pas su créer un espace approprié à des discussions et
échanges constructifs entre citoyens et gouvernants qui ont droit de
cité dans toute société démocratique. Au 21e siècle, la
gouvernance démocratique implique un lien permanent avec les citoyens, qui
leur donne des occasions d'exprimer leurs revendications. Cette gouvernance
suppose aussi des mesures concrètes pour que les citoyens puissent tous se
reconnaître dans une même nation et s'approprient les réformes
nécessaires. C'est le seul moyen pour l'Etat de rendre à chacun sa
dignité et de promouvoir la responsabilité citoyenne. Faute de
répondre aux attentes des citoyens, le gouvernement prouve son
incapacité à diriger le pays d'une façon inclusive et responsable.
Comme je l'ai déjà souligné par le passé, les questions
soulevées par les avocats de droit commun, et maintenant par les enseignants
et les parents de ces deux régions méritent une attention pleine et
entière au plus haut niveau de l'Etat. Ces questions expriment les valeurs
fondamentales qui nous unissent dans cette patrie. Nous ne devons pas permettre
que la cohésion nationale soit ainsi rabaissée par le gouvernement
actuel. Assez tristement, ces événements font également écho aux
récents mouvements sociaux à Yaoundé ainsi que les menaces de
manifestations lancées par l'Union des enseignants francophones pour les
prochains jours. Dans mon esprit, il ne fait aucun doute qu'un malaise
généralisé risque d'entacher l'environnement politique actuel de
notre pays.
J'en appelle donc au Président Paul Biya pour qu'il s'adresse directement
à la nation afin d'apaiser les esprits et pour qu'il prenne des mesures
concrètes pour répondre, de façon juste, équitable et rapide,
aux doléances exprimées. J'appelle aussi le gouvernement à ne pas
faire usage de la force contre des manifestants innocents et non armés qui
défendent pacifiquement leurs droits. Le gouvernement doit mettre en place
une commission spéciale élargie pour traiter les revendications. Il est
évident que les questions soulevées par les enseignants dépassent de
loin les compétences des cabinets ministériels chargés des question
d'éducation dans notre pays - à savoir : le Ministère de
l'Enseignement Supérieur, le Ministère des Enseignements Secondaires, le
Ministère de l'Education de Base et le Ministère de l'Emploi et de la
Formation Professionnelle - dont aucun n'est aujourd'hui tenu par une
personnalité issue du système éducatif anglo-saxon. Alors que notre
pays revendique fièrement son biculturalisme, une telle répartition des
responsabilités politiques ne favorise pas une bonne compréhension des
valeurs portées et défendues par les enseignants, élèves et
parents anglophones.
En même temps, j'appelle les avocats, les enseignants, les parents et les
élèves du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à la patience et à rester
ouverts au dialogue, sachant que la grande majorité des Camerounais
défend et apprécie à leur juste mesure les valeurs de justice,
d'équité et d'intégrité. C'est sur ce socle de valeurs que le
Cameroun restera fort et uni.
Dr. Christopher Fomunyoh
Président
The Fomunyoh Foundation
www.tffcam.org
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