Cameroun : les grands absents de la pr�sidentielle
Le 3 Octobre, 2011


La pr�sidentielle au Cameroun : un scrutin jou� d'avance ? © AFP

Augustin Fr�d�ric Kodock (UPC-K), Pierre Mila Assoute (RDMC), Christopher Fomunyoh (ind�pendant), Louis Tobie Mbida (PDC) : quatre personnalit�s qui n'auront pas l'occasion de d�fier Paul Biya � l'�lection pr�sidentielle pr�vue le 9 octobre au Cameroun. Explications d'une absence, en g�n�ral involontaire.

Augustin Fr�d�ric Kodock, 78 ans, Union du peuple camerounais (UPC-K)

Fin de partie pour le patriarche de Makak, dans le Nyong-Ek�l� (r�gion centre). �puis� et malade, il pourrait se retirer de la sc�ne politique sur un affront : le rejet d�finitif de sa candidature � la pr�sidentielle du 9 octobre malgr� un recours devant la Cour supr�me. � 78 ans, il comptait bien essayer de g�ner une derni�re fois le RDPC de Paul Biya, son ancien alli�, en particulier dans sa r�gion natale qui est un fief du vieux parti nationaliste. Y serait-il parvenu? Rien n'est moins s�r.

Car certains de ses militants ne lui pardonnent pas la perte de prestige de l�UPC, � la suite de ses passages dans plusieurs gouvernements Biya, la premi�re fois apr�s la pr�sidentielle de 1992, avec quatre autres membres de son parti. Pour Augustin Fr�d�ric Kodock, la page UPC semble d�ailleurs d�finitivement tourn�e, puisqu�il appelle � soutenir la candidature d�Adamou Ndam Njoya, de l�Union d�mocratique du Cameroun (UDC), plut�t que celle d�Anicet Ekan�, du Manidem, une tendance de l�UPC.

Pierre Mila Assoute, 54 ans, entrepreneur, Rassemblement d�mocratique des modernistes camerounais (RDMC)

Son retour triomphal au bercail avait �t� annonc� � maintes reprises, en vain. En exil � Paris et en d�licatesse avec l'�tat camerounais, le transfuge du RDPC n�est pas parvenu � justifier des douze mois de r�sidence continue sur le territoire national, un crit�re � remplir pour se pr�senter. D�pos�e par Sim�on Kuisseu, ex-secr�taire g�n�ral de l�UPC, sa candidature a donc �t� rejet�e, Elections Cameroon (Elecam) estimant par ailleurs qu�il manquait un certificat d�imposition. Pour le RDMC, la pi�ce justificative de r�sidence ne figure pas dans la liste des �l�ments � produire dans le dossier de candidature.

La mise � l��cart de leur candidat aurait donc � voir avec le litige qui l�oppose � l'�tat camerounais. En 2006, Mila Assout� avait assign� ce dernier devant la justice et obtenu la saisie, sur un compte de l'�tat du Cameroun ouvert � la Soci�t� g�n�rale de banques � Paris, la somme de 2 443 000 euros, environ 1 602 508 000 F CFA. Selon Mila Assout�, cet argent repr�sentait l'indemnit� due pour son r�le � d'entremetteur � dans le diff�rend qui a oppos� d'un c�t� l'�tat du Cameroun et la Cameroon Airlines (Camair) � la soci�t� sud-africaine Transnet, de l'autre.

Christopher Fomunyoh, 55 ans, universitaire, politologue

Peu connu sur la sc�ne politique nationale, le Monsieur Afrique du National Democratic Institute (NDI) � Washington �tait pourtant tr�s attendu par ses fans. Christopher Fomunyoh a pr�f�r� renoncer, sans doute peu confiant dans les r�gles �lectorales en vigueur dans son pays. Entre participer � une �lection o� tout semble jou� d�avance et conserver le confort et le prestige de son job aux Etats-Unis, dans un institut qui s�emploie � renforcer la d�mocratie, il a fait son choix. Et refuse, dit-il, d�apporter sa caution � un scrutin qui n�int�resse pas la population. D�autant qu�il a aussi cr�� la Fondation Fomunyoh (TFF), qui vise � promouvoir les droits de l�homme et � renforcer les institutions de son pays. En attendant l'apr�s-Biya?

Louis Tobie Mbida, 55 ans, m�decin, Parti des d�mocrates camerounais (PDC)

Il avait soutenu le pr�sident Paul Biya lors de pr�sidentielle de 1992 et envisageait de l�affronter en 2011. Rat�! La Cour supr�me a confirm� le rejet de sa candidature par le Conseil �lectoral d�Elecam, au motif que l�une des pi�ces du dossier n��tait pas rev�tue de sa � signature l�galis�e�. Elecam r�duit ainsi � n�ant les efforts du fils du Premier ministre du tout premier gouvernement camerounais, Andr� Marie Mbida. Rentr� au Cameroun d�s d�but 2010, sur le terrain, il avait pourtant mouill� la chemise, distribuant g�n�reusement sourires et poign�es de main.

© Jeune Afrique